Première tranche de restauration de la rivière Apance en amont de Bourbonne-lès-Bains (52 400)
Après des études de longue haleine, le Syndicat Mixte des Rivières (SM6R) (Maître d'Ouvrage), le Bureau d'études BIOTEC (Maître d'Oeuvre) et l'Entreprise Savariau-Zacharie (Prestataire pour les travaux) se sont attelés à concrétiser le travail réalisé conjointement avec de nombreux partenaires.
Cette première tranche concerne trois secteurs :
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Secteur dit du "Moulin de la Ville" - 600 mètres linéaires ;
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Secteur dit du "Moulin Neuf" - 550 mètres linéaires ;
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Secteur dit du "Moulin de Danonce" - 550 mètres linéaires.
Avant de débuter les travaux, une pêche éléctrique de sauvetage a été réalisée par la Fédération de Pêche de Haute-Marne sur les tronçons ciblés afin d'extraire et de déplacer les poissons présents dans des secteurs en dehors des emprises de travaux.
Début septembre 2025, les premiers engins commençaient à fouler les berges du premier site d'intervention pour y réaliser 4 actions principales qui sont détaillées ci-dessous :
La réhausse du niveau du lit :
L'Apance pâtie des rectifications anthropiques réalisées au sein de son lit afin de drainer les eaux plus rapidement vers l'aval et de simplifier les pratiques agricoles (remembrement).
La rehausse consiste à recharger le lit actuellement déficitaire en matériaux caillouteux afin de relever son fond. La reconstitution du matelas alluvial de la rivière engendre une diversification des faciès d'écoulement et des habitats aquatiques. La faune et la flore typique du corridor fluviale peuvent alors reprendre leurs droits sur le milieu.
De plus cette rehausse permettra de limiter l’incision du fond qui menace de percer localement la couche imperméable du lit de la rivière ce qui pourrait entrainer une perte souterraine du cours d’eau. Mais également de reconnecter les berges avec la lame d’eau de la rivière pour le plein épanouissement de la végétation rivulaire et la meilleure rétention en eau des sols riverains.
L'arasement de seuils d'anciens moulins :
Ces seuils constituent des obstacles parfois infranchissables pour la faune piscicole ou le transit des sédiments, l’arasement permet donc de rétablir la continuité écologique.
De plus l’effet plan d’eau en amont des seuils qui banalise les faciès d’écoulement, réchauffe l’eau, colmate le fond du lit avec des sédiments fins et accentue les débordements en amont direct des seuils se trouve effacé.
La réouverture d'anciens méandres :
Redonner de la naturalité au cours d’eau passe par la réouverture d’anciens méandres.
Cela permet de retrouver le linéaire perdu du cours d’eau, de diversifier les écoulements et de retenir plus longtemps l’eau dans la rivière en limitant l’effet drainant d’un cours d’eau rectiligne.
Si la première tranche de travaux ne comprenait pas de réouverture de méandre, un avant goût de la seconde tranche vous est présenté via le plan à gauche du texte.
L'Apance à été curée et élargie durant les siècles passés et recherche maintenant à retrouver sa mobilité. La rivière diffuse ses forces sur les berges et sur le fond du lit car elle ne dispose plus de sa capacité à déborder dans la plaine. Avec ses méandres retrouvés, l'Apance pourra de nouveau diffuser ses forces dans ses courbes et retrouver des zones sur lesquelles éroder et déposer ses sédiments.
La diversification des faciès d'écoulement et des habitats :
Pour accueillir au mieux les cortèges faunistiques et floristiques inféodés aux rivières, la diversification des faciès d’écoulement est essentielle car toutes les espèces n’ont pas les mêmes besoins pour se développer.
Par des évasements localisés au sein de la rivière mais aussi par l’action inverse avec la mise en place de bancs graveleux pour resserrer les écoulements, une diversification s’opérere.
L'utilisation de bois morts dans des secteurs sans enjeux bâtis permet, en plus de la diversification des faciès d'écoulement, de créer des habitats propices aux développements des espèces aquatiques (zone refuge pour les alevins des poissons, habitat pour les insectes...).
Le bois mort en rivière est essentiel pour la vie aquatique mais il permet aussi de créer des secteurs sur lesquels il va s'accumuler. Le bois attire le bois... Ce principe donne lieu à des avantages certains pour les administrés des communes situées en aval. Ce bois mobilisé en période de crue pourra être capté par des embâcles existants avant de venir s'accumuler dans des ouvrages bâtis. En effet, l'accumulation de bois dans les piles d'un pont pourrait mettre en péril l'intégrité de l'ouvrage.
Accompagnements agricoles :
Au-delà des travaux de restauration de la rivière, des aménagements agricoles vertueux ont pu être proposés aux exploitants des parcelles ciblées par les travaux.
Ces aménagements visent à satisfaire des besoins des exploitants tout en ayant des impacts positifs pour la rivière. La mise en défens des berges par l'installation de clôtures et la création de points d'abreuvement ont été proposées et réalisées afin d'éviter la divagation du bétail dans le lit de la rivière et le surpiétinement des berges.
A gauche du texte, une photo de la descente aménagée dédiée à l'abreuvement des bovins ainsi que la mise en défens de plus de 700 mètres linéaires de berge sur le site du Moulin Neuf.
Dans l'attente de la deuxième tranche qui se déroulera à partir d'août 2026, le SM6R remercie ses partenaires techniques, institutionnels et financiers sans qui ce projet n'aurait pas pu voir le jour.
Le SM6R tient aussi à remercier les propriétaires et les exploitants riverains de l'Apance pour leur confiance car leurs accords sont essentiels pour que la réalisation des travaux se fasse dans les meilleures dispositions.
Ce projet de restauration de l'Apance a pu se concrétiser grâce à la participation financière de plusieurs partenaires :
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L'Agence de l'Eau Rhône Méditerranée Corse à hauteur de 70% ;
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La Région Grand-Est à hauteur de 20% ;
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Le Département de la Haute-Marne à hauteur de 10%.

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